10 Juillet 2021
Quand tu n'as pas de P.P et que tu cherches ailleurs. Légal ou pas Légal.
Quand le circulaire de 2018 sur les P.P (Professeurs Principaux) est parue quelques syndicats ont alerté à ce sujet car trouver des P.P n'est pas chose aisée. D'ailleurs lors de l'ancienne sortie de la circulaire sur les P.P en 1993 et que celle de 2018 a abrogé il a été demandé aux Recteurs de désigner des établissements particulièrement difficiles dans les académies d’Aix-Marseille, Créteil, Lille, Lyon et Versailles. Dans ces établissements, il a été prévu la désignation de deux professeurs principaux par division. Chacun d’entre eux percevant la part modulable de l’indemnité de suivi et d’orientation. Mais ce ne fut appliqué que pendant l'année scolaire 1992.1993.
Si les professeurs principaux étaient choisis par le chef d’établissement [1993], les professeurs principaux sont maintenant, en théorie, désignés par le chef d’établissement [2018] avec l’accord des intéressés. Et bien entendu qui gère les "pas d'accord" et donc la case vide du P.P dans la ou les classes où personne n'a levé la main ? Un rapport de l'IGEN situe cette "désignation" dans la capacité du chef d'établissement à "manager" son Établissement. La circulaire de 2018 ouvre la possibilité de refuser d’être professeur principal. Mais les textes assurent aussi aux élèves le droit d’avoir un professeur principal. Alors les chefs d’établissement doivent en trouver un et cette possibilité n'est parfois que théorique. Ca ressemble un peu à la vaccination, elle n'est pas obligatoire mais il faudrait que tout le monde soit vacciné.
Alors un CPE, ou une documentaliste pourquoi pas, mais au bout du bout, en trouvant des astuces un peu "taraudées" pour rémunérer le travail supplémentaire d'autant que le statut de l'un comme celui de l'autre "corsète" leurs missions mais aussi les revendications propres à chacune de ces deux catégories. Comment revendiquer une meilleure reconnaissance financière du travail des CPE au nom de la lourdeur des tâches et accepter de pouvoir en plus assurer celles d'un P.P ? Le principal syndicat de Professeurs n'hésite pas à écrire " Face à une inflation de tâches, rappelez, collectivement, les textes existants qui font du professeur principal un coordonnateur mais qui ne se substitue ni au Psy-ÉN ni au CPE et ne doit pas assurer de mission revenant au chef d’établissement." Et donc vive versa ?
Petits rappels sur les missions et donc tâches du P.P :
- "Le professeur principal favorise, pour sa classe, les liens entre les élèves, les représentants légaux, les professeurs, les CPE, les personnels sociaux et de santé, le PSYEN et l’équipe de direction."
- " Lorsque l’élève est concerné par des modalités spécifiques d’accompagnement tels qu’un plan d’accompagnement personnalisé (PAP), un projet d’accueil individualisé (PAI), un projet personnalisé de scolarisation (PPS), le professeur principal participe à l’élaboration des projets dans le cadre des réunions des équipes éducatives. Il peut par ailleurs suivre la mise en œuvre des stages de remise à niveau. Il peut être amené à coordonner un programme personnalisé de réussite éducative ou un contrat de réussite."
- " Le professeur principal a une responsabilité spécifique dans la mise en œuvre et le suivi des actions d’information et d’aide à la préparation progressive des choix d’orientation. Il contribue à la mise en œuvre des actions d’information, notamment en lien avec la région dans le cadre de ses nouvelles compétences en matière d’information sur les formations et les métiers. Il est chargé d’assurer la coordination et le suivi des actions en lien étroit avec l’ensemble des acteurs."
- " Le professeur principal conduit des entretiens personnalisés d’orientation, [qui] sont inscrits le plus tôt possible dans l’année scolaire et à tout moment en fonction des besoins. Il est chargé de recueillir les demandes d’orientation des familles aux phases provisoires et définitive de la procédure et de leur présenter les propositions d’orientation émises par le conseil de classe.."
Il y a bien d'autres choses mais arrêtons là l'énumération Circulaire 2018 P.P
Mais tout cela ne reste que des textes car la réalité est différente. Un professeur syndicaliste à qui la question était posée répondait : " Aucun texte ne l'interdit, sans doute car personne n'a eu cette idée saugrenue. Tous les textes qui parlent du PP (le code de l'éducation, la circulaire de 2018) parlent bien de professeur. La rétribution se fait sur la part modulable de l'ISOE à laquelle les CPE ne peuvent émarger. Donc je dirais non."
Et parfois, localement, des syndicalistes s'insurgent et en ajoutent à la difficulté pour le Perdir qui cherche une solution, car "au bout du bout" il faudra que ça tourne. Et nous touchons ici aux limites de l'autonomie des établissements qui est corsetée par des textes qui, en fait, laisse peu d'autonomie au Perdir. Alors la solution, "tarauder" les bonnes intentions textuelles et trouver des "arrangements". Par exemple l'aménagement du travail (en fait le volume horaire) de telle ou tel Doc en échange de son rôle de P.P et en compensation car il n'y aura pas de rémunération, où l'attribution d'HSE prévues pour autre chose en non bloquantes dans ASIE en compensation de la part modulable de l'ISOE. (« devoirs faits », "parcours éducatifs", "Indemnités pour Missions Particulières" ...).
Alors "légal" ou "pas légal" n'est peut-être pas la question. Se parer des textes, adopter une stratégie d'évitement, bien sentir le "faisable" du "à éviter" en fonction des rapports de force internes à l'établissement (on prof militant du syndicat Chmurf peut s'étrangler à telle ou telle disposition peu statutaire dont il est témoin) est sans doute le chemin difficile du Perdir.
A lui de choisir entre "le possible" et "le moins risqué".
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