15 Novembre 2021
ça coince avec les parents ... (3ème épisode)
Tous les élèves vont ou sont aujourd'hui à l'école et donc leurs parents ont "à faire avec elle".
La massification du système scolaire est née de la prolongation, dès 1959, de la
scolarisation jusqu’à 16 ans, la réforme Haby (1976) vise à placer au cours de cette scolarité les enfants dans des conditions d’apprentissage identiques. A partir des années 1980 s’y ajoute, avec l’ambition de Jean-Pierre Chevènement d’amener 80 % d’une classe d’âge au niveau du baccalauréat, une ouverture croissante des lycées sous leurs différentes formes. En somme tout le monde va à l'école. Il est donc évident que les difficultés (sociales, économiques, et bien d'autres) de la société (l'extérieur) soient transposées ) l'École (l'intérieur). Les "verrous" n'existent plus comme témoignait l’examen d’entrée en 6ème qui a disparu en 1957. Ce qui faisait qu'un seul petit cinquième des élèves partait au lycée, la majeure partie achevant l’enseignement obligatoire dans les classes appelées de « fin d’études ».
Ils sont tous là, et donc leurs parents aussi, petits, grands, riches, pauvres, cultivés, gilets jaunes, ce que vous voulez.
Donc les "outils de régulation" de la vie civile s'apparentent de plus en plus aux "outils de régulation de l'école". L’article L. 111-2 du Code de l’Éducation (article 1er de la loi du 11 juillet 1975) attribue, dans l’éducation des enfants, un rôle majeur à la famille. Donc on est potes et on va bosser ensemble, c'est ce que l'on va appeler la "co éducation", enfin quand ça ne dérape pas.
Et du coup, de droits individuels, les parents vont acquérir des "droits collectifs" . L’article L. 111-4 (loi du 10 juillet 1989) en expose les principes généraux : « Les parents d'élèves sont membres de la communauté éducative. Leur participation à la vie scolaire et le dialogue avec les enseignants et les autres personnels sont assurés dans chaque école et dans chaque établissement.Les parents d'élèves participent, par leurs représentants aux conseils d'école, aux conseils d'administration des établissements scolaires et aux conseils de classe ».
Et qui dit "droit" dit aussi "procédures" quand "ça coince ...". Ainsi la procédure d’orientation fait l’objet de dispositions législatives qui garantissent les
droits des parents (articles L. 313-1 et L. 313-2). Un décret du 14 juin 1990, modifié
en 1992, définit les règles à suivre lorsque les propositions d’orientation ne sont pas
conformes aux demandes des parents et des élèves. Dans cet esprit, une circulaire
du 2 juin 1998 a insisté sur la nécessité, en la matière, d’un dialogue de bonne
qualité avec les élèves et leur famille. https://www.education.gouv.fr/le-choix-d-orientation-d-un-eleve-7382
Et comme il n'est pas question de laisser qui que ce soit au bord du "chemin" la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées fait obligation d’associer étroitement les parents des élèves handicapés à toutes les étapes de la définition du projet personnalisé de scolarisation. https://www.ac-aix-marseille.fr/le-projet-personnalise-de-scolarisation-pps-mode-d-emploi-121460
Bien entendu, qui dit droit, dit aussi "moyens" .
Les textes, et notamment la circulaire du 3 mai 2001 déjà citée, invitent les personnels de l’éducation nationale à faciliter l’action des associations de parents d’élèves en organisant des réunions à des heures compatibles avec l’activité professionnelle de leurs représentants, et en leur permettant de rendre compte des travaux des instances dans lesquelles ils siègent. Un Conseil d'administration en début d"après-midi contrevient au droit par exemple. la distribution de documents , dès lors qu'elle répond aux obligations qui lui sont soumises, relèvent du "droit" et s'y opposer du non-respect du droit. . On y trouve dans ces textes, la mise à disposition de boîtes à lettres, la présence de tableaux d’affichage, la possibilité de disposer d’un local de façon temporaire, avec l’accord du conseil d’administration. Ne parlons pas non plus des procédures de désignation des "élus" au Conseils divers, de la précision des qualités de "suppléants" et de "titulaires" et des confusions bien souvent faites. https://www.education.gouv.fr/bo/2006/31/MENE0602215C.htm
Un récent rapport de l'IGEN se penchant sur la co éducation, les rapports parents/établissements et la montée du Consumérisme scolaire mettait en lumière quelques différents "points chauds" entre parents et école. Les parents se plaignent alors du manque de considération des enseignants à leur égard, estiment qu’ils ne reconnaissent pas la qualité des pratiques éducatives et de socialisation qu’ils font l’effort de mettre en place au sein de la famille, afin de donner à l’enfant toutes ses chances. Les enseignants, pour leur part, jugent intrusive ou inquisitrice la demande des parents, estiment « consumériste » ou d’essence « libérale » leur rapport à l’école, (service public dont ils exigent une prestation à la hauteur de leurs attentes et de leur investissement), et souhaitent voir réduits par l’administration à leur minimum réglementaire les échanges « parents/professeurs ».
Le 1er point chaud et "poteur" de contestation, litige, voire de violence , "les conditions et les pratiques d’évaluation : les contestations ou « négociations » concernant la notation du travail des élèves, les interrogations sur les modalités d’organisation des contrôles, qui sont parfois remises en cause (intervention de nature pédagogique, et inacceptable, du point de vue de l’enseignant), les réactions indignées ou violentes des parents à la lecture des commentaires ou appréciations quelquefois portées par les professeurs". Rapport de l'IGEN.
Deuxième point chaud "est celui de l’orientation, qui conditionne tout l’avenir de l’enfant, et dont les codes et langages sont trop souvent inaccessibles ou obscurs pour les parents" Rapport IGEN
Enfin, troisième pont chaud : "les sanctions et les procédures disciplinaires sont bien entendu des occasions de mises en cause fortes de l’institution scolaire et des personnes. La « judiciarisation » de la société n’épargne pas l’école, et les conseils de discipline
ainsi que les commissions d’appel peuvent se transformer en prétoires. Leurs décisions restent les plus porteurs de "recours à la justice administrative" ou de saisie des médiateurs académiques.
Quelques outils pour refroidir les "points chauds" :
Réussir les élections au Conseil d'administration
Mode d'élection des conseils école
Document DGESCO sur les deux instances et jurisprudences
Qui peut assister au Conseil Administration ou d'École ? Titulaires, suppléants, tous ?
Qui peut présider le Conseil d'administration en l'absence du chef établissement ?
Conseil école et administration en distanciel, la Loi, les textes
Foire aux questions sur le C.A et réponses règlementaires
Le Conseil de discipline et 15 liens