8 Mars 2026
La question du samedi :
"une interrogation sans doute déjà partagée et traitée par le Perdir Enragé (...) mais quid des absences autorisées de droit (fêtes religieuses, examens médicaux....) et plus précisément de la question du remplacement ou pas ?
est-ce qu'une autorisation d'absence dont le motif relève "du droit" est accordée systématiquement sans remplacement (puisque de droit !) ou pouvons nous considérer que le "avec" ou "sans"remplacement relève en revanche de la décision du chef d'établissement ?"
La réponse du Perdir Enragé du samedi :
Bonjour XXXX et bonjour la liste,
On parle bien, pour les fonctionnaires en général, et les enseignants en particulier « d’autorisations d’absences ». Et qui dit « demande d’autorisation » attend comme résultat : « soit OUI soit NON ».
Il convient donc de distinguer deux types d’autorisation spéciales d’absence : - De droit : Ces autorisations sont prévues par un texte législatif ou réglementaire et ne nécessitent pas de délibération. Elles sont accordées de plein droit et s’imposent à l’autorité responsable.
Les autres sont dites « Discrétionnaires » : Ces autorisations d'absence ne constituent, en effet, pas un droit mais sont accordées à la discrétion des chefs de service, sous réserve des nécessités de service (Réponse ministérielle n°20151, publiée dans le JO du Sénat du 05/05/2016, page 1903) (Conseil d'État, 1ère et 6ème sous-sections réunies, 20/12/2013, 351682).
Chaque « secteur » de la FP décline cela sous forme de textes additifs (circulaires, notes de service ...) qui seront propres à la Fonction hospitalière par exemple, aux personnels qui dépendent de l’armée, de l’intérieur.
L’éducation nationale a donc aussi « ses tables de la Loi », transmises non dans un buisson ardent, mais dans un BOEN « sacré », conforme en tout point au statut de la F.P : https://www.legifrance.gouv.fr/codes/texte_lc/LEGITEXT000044416551/2023-07-21 (à lire avec du temps, durant ses moments de liberté et dont je me suis servi encore hier pour la vérification de la croyance non fondée de cette règle « veau d’or » qui énoncerait que, lors d’une suppression d’emploi, ce serait le dernier arrivé qui partirait le 1er).
Le texte « sacré » donc :
Voilà le décor et gardez le pas loin de votre « main » et hors de recours d’une intelligence qui serait artificielle.
Alors tes questions XXXX :
J’espère t’avoir éclairée et surtout avoir souligné qu’en ta qualité de représentante de l’État, tu dois faire en sorte que la continuité du service public soit pleinement assurée. Pour faire dans le « grossier », les euros qui remplissent ton escarcelle sont pour principale partie pour assurer cette obligation première et constitutionnelle de l’État, pas pour lire les pédagogues ni tenir compte des bonnes idées des professeurs en mal de nouveaux horizons dans le cadre des sorties scolaires. Je force sciemment le trait, à la mode Trump, mais des parents ont obtenu réparation financière pour cette absence de continuité du service public en cas de non remplacement : « Depuis des années la question du non remplacement des enseignants absents ne cesse de s’aggraver et de faire débat. Cette question, polémique, a même été à l’origine de l’éviction d’une récente ministre de l’Éducation nationale.
Face à un sentiment d’inaction politique, les familles, organisées dans des associations et de collectifs de parents d’élèves, se sont donc tournées vers le juge pour enrayer cette situation.
L’engagement de la responsabilité de l’État en cas de non remplacement d’enseignants absents repose sur une jurisprudence ancienne et bien établie.
Toutefois, le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a pour la première fois condamné l’État sur ce fondement dans le cadre d’une action coordonnée de parents d’élèves.
TA Cergy-Pontoise, 3 avril 2024, décisions n°2211429, n°2301199, n°2217195, n°2301195.
(…) Dans ces affaires, la juridiction sanctionne le manquement à l’obligation d’assurer l’enseignement scolaire, consacrée aux termes de l’article L122-1-1 du Code de l’éducation, et la continuité des apprentissages, prévue à l’article D. 321-1 de ce même code.
Le tribunal administratif de Cergy-Pontoise s’est notamment fondé sur la décision rendue par le Conseil d’État le 27 janvier 1988, ministre de l’Éducation nationale contre Giraud, n° 64076, selon laquelle :
« La mission d’intérêt général d’enseignement (…) impose au ministre de l’éducation nationale l’obligation légale d’assurer l’enseignement de toutes les matières obligatoires inscrites aux programmes (…) ».
Le juge administratif considère donc que le manquement à ces obligations « pendant une période appréciable », en l’absence de toute justification tirée des nécessités de l’organisation du service, est constitutif d’une « faute de nature à engager la responsabilité de l’État ».
Copie site Village-Justice Fleur Jourdan,
Avocate au Barreau de Paris
Certains parents regroupés en collectif ont obtenu une somme de 12 € par heure non remplacée et par élève. Imagine un prof absent non remplacé pour une semaine et qui assurait un ORS de 20 heures (18 + 2 HSA) avec une moyenne de 25 élèves dans chaque classe, cela fait 25 X 20 X 12 = 6 000 € pour l’État. De quoi tirer la tronche, surtout si le RCD n’a pas trop brillé.
Extrait d’une réponse d’un récent ministre, interpellé au Sénat : « La mise en œuvre d'une gestion des ressources humaines de proximité contribue à améliorer l'identification des viviers potentiels de professeurs contractuels recrutés pour assurer les remplacements en fonction des spécificités de chaque territoire. Les absences de courte durée (moins de 15 jours) sont prises en charge dans le cadre des protocoles de remplacement de courte durée, prévus par le décret n° 2005-1035 du 26 août 2005. Ces protocoles définissent dans chaque établissement l'organisation du remplacement des absences courtes et permettent de pallier les absences prévisibles : stages de formation continue, préparation ou présentation à un concours ou examen, participation à un jury. Les TZR assurent prioritairement des remplacements de longue durée, (…) https://www.senat.fr/questions/base/2021/qSEQ210422026.html
Amitiés
Didier
Le Perdir Enragé